Le Mével à la peine

20Juil10

On l’avait laissé en larmes, empreint d’émotion après sa deuxième place au championnat de France, le 29 juin. Déçu mais confiant. Christophe Le Mével assurait à l’époque « être dans une phase ascendante ». « L’enjeu est de monter en régime pendant les trois semaines car les Pyrénées sont en troisième semaine » confiait-il alors à l’Equipe. On l’a retrouvé cet après midi, aux abords de Pau dans le grupetto, accompagnant les virtuoses de la dernière ligne droite, peu habitués à tutoyer les cimes. Un comble pour celui qui a bâti sa réputation de grimpeur sur les pentes du Tour l’année passée, s’emparant de la 10ème place au final. Près de 35 minutes déboursées sur la ligne et ses espoirs de réitérer sa performance de l’an dernier envolés. Mais il n’aura pourtant pas attendu cette ultime semaine pour exploser, bien loin du duel Contador-Schleck, dont il se targuait pouvoir jouer l’arbitre.

Le prologue dans les rues de Rotterdam lui a cruellement rappelé le fossé qui le séparait des tout meilleurs. 1’04’’ de retard et une 102ème place à des années lumières des ambitions du breton. Premier échec. D’autant plus douloureux qu’il avait tout particulièrement travaillé l’exercice, installant un vélo de contre la montre chez lui et pointant le bout de son nez lors du championnat de france de la spécialité (9ème). Rebelote trois jours plus tard pour celui qui disait se « méfier de la première semaine ». Les pavés lui avalaient encore des minutes. 2’08 précisément. Les raisons de s’inquiéter étaient minces avant de voir se dessiner les courbes, abruptes et somptueuses, des Alpes. Mais les premiers pourcentages des massifs Alpins n’eurent pas seulement raison de Lance Armstrong. Le Mével flanchait vite et ne voyait que de très loin Andy Schleck remporter l’étape de Morzine-Avoriaz. De quoi redistribuer les cartes chez la FDJ. Sandy Casar avait la grosse cote et raflait la mise le lendemain. Lors de la dernière des Alpes, Le Mével concédait un quart d’heure. Et se retrouvait en 24ème position au général, à des centaines de coups de pédales de ces ambitions premières. Désireux d’imiter son collègue Casar, il changeait son fusil d’épaule. Il voulait profiter de la transition Alpes-Pyrénées. « Il faut que j’aille dans une échappée pour reprendre des places et pourquoi pas gagner une étape ». Là encore, mauvaise pioche. Pari manqué. Et une crise de confiance à l’heure où se profilaient les rudes montées Pyrénéennes. Pas la meilleure chose alors que le programme des Pyrénées, plat de résistance de cette édition, est gargantuesque. Le vainqueur du tour du Haut-Var ne tardait pas à reprendre ses (mauvaises) habitudes et se voyait décramponner dès que la route s’élevait. Un état qui a atteint son paroxysme cet après-midi dans les pentes de l’Aubisque. Est-ce une simple méforme ou Le Mével a-t’il été surévalué ? Voilà la question qui doit tarauder les dirigeants de Garmin avec lesquels le français s’est engagé pour deux saisons.

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