La boxe thaïe traverse, sous l’angle médiatique en tout cas, une passe difficile. Bien loin de « l’âge d’or » qu’elle a connue dans les années 80, 90. A cette époque, Aurélien Duarte faisait les beaux jours du muay-thaï. Tout jeune retraité, le double champion du monde (1996 et 2000) jette un regard critique sur son sport. Thisisallover l’a rencontré.  Interview sans concession d’un boxeur qui envisage sérieusement de remettre les gants

 Bonjour Aurélien. Alors faisons les choses dans l’ordre. Est-ce que tu peux commencer par te présenter ?  

 Je m’appelle Aurélien Duarte, j’ai bientôt 40 ans mais faut pas le dire (rires). Je suis jeune retraité des sports pieds poings, j’ai plus de 120 combats en kick boxing, boxe thaïlandaise et karaté shidokan, une forme de karaté moderne. J’ai été aussi un des pionniers en France du combat libre, à l’époque des Golden Trophy.  

 Tu as mis un terme à ta carrière le 4 juin dernier (il a, à cette occasion, encaissé le premier K.O de sa carrière). Quelles sont les images que tu en retiens ?   

 Pleins de bons souvenirs. Ca a été la colonne vertébrale de ma vie pendant 18 ans. J’ai eu la chance, enfin je me la suis donnée, de pouvoir faire ce que je voulais. J’ai pratiquée cette discipline dans laquelle je me suis épanoui, j’ai rencontré des gens. Ca m’a aidé à mûrir.  

 Tu as combattu pendant presque 20 ans, comme tu viens de le dire. Qu’est ce qui a changé dans le monde de la boxe thaïe en France entre tes débuts et aujourd’hui ?  

 Ca c’est démocratisé. C’est beaucoup plus populaire aujourd’hui. On la diabolise moins que dans les années 80. Le niveau a également drôlement monté. Avant, il était très rare que l’on parte s’entraîner en thaïlande. C’était réservé à une élite. Aujourd’hui, plein de jeunes pratiquants se rendent en Thaïlande et progressent à une vitesse vertigineuse. En plus du niveau, on constate que les pratiquants sont plus nombreux et se sont diversifiés : on retrouve des bureaucrates, des femmes, des jeunes…  

 Tu disais que l’on critiquait beaucoup le muay-thaï dans les années 80, pourtant la boxe thaïe faisait les prime time de Canal +. A l’inverse, aujourd’hui il est très difficile d’en voir à la télévision. Comment l’expliques-tu ?  

 Je l’explique par le fait que nous sommes dirigés, au niveau fédéral et au niveau des promoteurs, par des gens qui ne sont pas capables de s’unifier (pour les fédérations), de défendre les intérêts des combattants et qui pensent plutôt à leurs cachets et à leurs primes. C’est de l’à peu près. Ca manque de professionnalisme. Si on compare avec le combat libre, on voit qu’en dix ans ils ont su attirer les sponsors et les télés tout en respectant les boxeurs. Ce que la boxe thaïe n’a pas su faire.  

Tu évoquais à l’instant le combat libre, qui à l’instar de tous les sports de combat médiatisés, attire de plus en plus de monde. Est-ce que la boxe thaïe n’en pâtit pas ?   

 C’est ce que je pensais au départ. Mais je pense qu’il y a des clients pour tout le monde.Il y a de la place pour tous les pratiquants. Et il ne faut pas oublier que les pratiquants du MMA viennent se renforcer en pieds poings avec la boxe thaïe. Mais c’est clair qu’au niveau de la médiatisation et du professionnalisme, la boxe thaïe n’y arrivera jamais.  

 Jamais ?   

 Je suis lucide. Pour moi, ça ne peut pas changer. Je suis un optimiste réaliste donc je suis pessimiste. Tant que les boxeurs, qui sont souvent issus des milieux défavorisés, continueront à boxer pour des cacahuètes, ça arrangera les promoteurs.  

La boxe thaïe véhicule une image violente. Est-ce qu’elle justifiée ?  

 Il faudrait qu’on se mette d’accord sur le terme violence. Ca fait des années que j’entends ça. Mais est-ce que mettre un coup de pied ou de poings à quelqu’un qui y est préparé, qui s’est entraîné, c’est violent ? Et est-ce que ce qui se passe dans les tribunes d’un stade de foot ou lorsque mon voisin ne me tient pas la porte, ce n’est pas violent ? Moi, je trouve ça extrêmement violent. Les incivilités, l’individualisme, l’argent roi. C’est vrai que c’est un sport où il y a de la difficulté physique. Mais on est là pour préserver l’intégrité physique des pratiquants.  

 Est-ce que tu penses que les réglementations françaises comme l’interdiction des coudes (qui sont en fait autorisés avec des coudières), ne dénaturent pas la boxe thaïe ?  

 Bien sûr que ça le dénature. Mais on n’est pas des thaïlandais. On fait de la boxe thaïe à l’européenne. On n’a pas des camps où les gamins s’entraînent 8 heures par jour. Ce n’est pas le sport national. Alors oui, on dénature, mais de la même manière que l’on ne joue pas au basket de la même façon en Europe et aux Etats-Unis, on boxe à notre sauce. Ca ne me dérange pas que l’on mette des protections sur les coudes pour éviter que les boxeurs se retrouvent avec des fermetures éclairs sur les arcades.  

 Quelles sont les différences dans la conception du muay-thaï en France et en Thaïlande, son pays d’origine ?  

 Quand les thaïlandais apprennent que les étrangers payent pour boxer, ils nous prennent pour des fous. Eux sont payés pour boxer. C’est vraiment professionnel. Là bas, les promoteurs misent sur des jeunes qu’ils éduquent, qu’ils entraînent…pour faire de l’argent. Dans la technique elle-même, en thaïlande, il y a beaucoup plus de genoux, de corps à corps. En France, on est beaucoup plus pieds poings. Il ne faut non plus négliger la dimension religieuse et philosophique qui existe en Thaïlande.  

 Est-ce qu’il est difficile de boxer à un niveau professionnel, en France ?   

 Le statut n’existe pas. C’est du grand n’importe quoi. Ca fait des années que j’entends parler de la création de ce statut et je ne vois toujours rien. Mais tous les boxeurs que je connais travaillent à côté, donnent des cours, travaillent pour des villes.                                                                                                                  La boxe, c’est seulement du beurre dans les épinards.  

Tu as l’air très critique envers les fédérations. Qu’est ce que tu leur reproche ?  

 Je leur reproche de ne pas avoir fait sortir la boxe de son ghetto depuis trente ans. Les noms changent, les problèmes restent les mêmes. Les dirigeants font passer leur intérêt avant celui des boxeurs. Beaucoup de gens desservent la discipline.  

 Pour toi, comment s’écrit l’avenir désormais ?  

 J’ai encore beaucoup d’amertume quant au dernier combat. Je n’ai pas pu m’exprimer.On m’a proposé un combat contre Frédéric Belloni qui est lui aussi près de raccrocher.
Les négociations sont très avancées. Je vais pouvoir faire un réel dernier combat. L’occasion pour moi de remercier ceux qui m’ont soutenu jusque là. La ville de Villejuif, pour laquelle je travaille au service des sports. Les salles de boxes de Chatillon et Clay Souilly et enfin, l’Atelier, un salle cossue dans le marais avec laquelle je développe le personal training.  

 Enfin, si tu avais un message à transmettre aux gens qui souhaitent débuter la boxe thaïe mais qui n’osent pas franchir le pas, quel serait-il ?  

 Il faut y aller. Si elle enseignée par un entraîneur compétent, cette discipline est hyper intéressante à plein de niveaux tant sur la confiance que dans l’épanouissement personnel. C’est un cocktail de sensation que l’on ne retrouve dans aucun sport.  

 Merci Aurélien.

Publicités

Les championnats d’Europe de natation de Budapest nous avaient fait miroiter, une semaine durant, que les nageurs français nageaient sur une autre planète. L’illusion est terminée, le retour sur terre compliqué. Car de l’autre côté de l’Atlantique, à Irvine en Californie, ont débuté les PanPacifiques, réunion où se retrouve le gratin de la natation mondiale, excepté les européens bien sûr. Et le rassemblement des américains, australiens et autres brésiliens dans le même bassin a tout pour faire redescendre la natation française (et plus largement celle du Vieux-Continent) de son piédestal. Et nombreux sont ceux qui, parés d’or la semaine dernière, sont bien loin des chronos réalisés par la flotte américaine et consorts. A commencer, par Alain Bernard, champion olympique et d’Europe du 100m, sacré la semaine dernière en 48’’49, et qui, avec ce temps, serait resté au pied du podium des PanPacs. Le titre de la distance reine est en effet revenu à Nathan Adrian, crédité d’un impressionnant 48’’15. César Cielo, décevant 3ème, a néanmoins signé un chrono inférieur à celui de Bernard pour un centième (48’’48) . De quoi relativiser les performances des français. Certes. Mais pas pour tous. Car si il y en a un qui doit se réjouir de voir les performances réalisées dans la compétition, c’est bien Camille Lacourt, qui semble avoir les rênes du dos mondial bien en main. Sur 50m, il est bien seul dans le bassin, puisque l’aller simple a été remporté par le japonais Koga en 24’’86 soit près de 8 dixièmes moins vite que le français et son 24’’07 à seulement 4 centièmes du record du monde. Sa performance sur 100m est encore plus remarquable. Puisqu’il possède plusieurs coups de bras d’avance sur Aaron Peirsol, maitre incontesté de la discipline avec ses dix titres planétaires et ses quatre couronnes olympiques, et vainqueur en 53’’31 soit plus de seconde de plus que le récital de Lacourt (52’’11). De quoi voir plus loin. Les yeux déjà braqués sur les championnats du monde 2011 à Shanghai, les Jeux Olympiques de Londres dans la longue vue. Mais il n’est pas le seul à avoir vu ses ambitions renforcées par la comparaison entre championnats d’Europe et Pan Pacifiques. Yannick Agnel est dans ce cas. Non qualifié sur 200m à Budapest, la pépite de la natation tricolore, a tout de même battu son record national (1’45’’83) au départ du relais 4*200 mètres. Un temps qui le rapproche de celui réalisé par la superstar Ryan Lochte pour aller conquérir le titre (1’45’’30). Lui aussi a désormais Londres dans le viseur.


C’était en 2006. Les joueurs du Miami Heat accédaient au toit de l’Amérique du basket et remportait leur premier titre NBA. Depuis les rêves ont été rattrapés puis dépassés par la réalité, et la franchise de floride n’en finit plus de décevoir avec une défaite au premier tour des playoffs –face aux Boston Celtics, futurs finalistes de l’épreuve- l’année passée, en guise de meilleur résultat. Pourtant la saison qui s’annonce pourrait bien redorer le blason des Heat. Et pour cause, Miami a frappé un immense coup sur le marché des transferts. En réunissant LeBron James, Chris Bosh et Dwyane Wade sous le maillot rouge et noir, les dirigeants des « Heat » ont sûrement constitué le trio le plus explosif depuis la fabuleuse triplette  Jordan-Pippen-Rodman des Chicago Bulls dans les années 90.

 Les chiffres du « Gee Three » (« Quel trio ! ») donnent le tournis. James, meilleur marqueur en 2008, MVP en 2009 et 2010, tournait à 29,7 points, 8,6 passes et 7,9 rebonds de moyenne la saison passée. Bosh, spécialiste des rebonds (10,8 par match) scorait plutôt bien (24 points de moyenne.) Et Wade, All Star MVP, se montrait tout aussi adroit (26,6 pts, 6,8 passes et 4,8 rbds.) Ce dernier avait conditionné sa présence chez les Heat pour quelques années supplémentaires à l’arrivée de Bosh ou de James. Il a eu les deux. Qui semblent d’ailleurs s’être passés le mot. «  Tous les trois nous allons gagner moins d’argent car on veut jouer ensemble » déclare James qui pourrait tout de même toucher 96 millions de dollars pour 5 ans. Même refrain chez Chris Bosh. « Nous étions prêts à faire de gros sacrifices pour être dans une équipe compétitive. » « Je voulais évoluer avec des basketteurs qui sont complémentaires de mon jeu » rajoute Wade. Car les trois compères sont avant tout de grands amis, issus de la même draft, en 2003. Et d’immenses compétiteurs. « Nous allons emmener Miami vers la victoire » prophétise Bosh, ancien joueur de Toronto. « C’est pour moi la meilleure opportunité de gagner, et pas seulement en saison régulière, mais de remporter un championnat » renchérit LeBron James. Les fans de Cleveland, qui crient à la trahison, apprécieront.  Malheureusement, le basket est un sport qui se pratique à cinq. Et Miami, qui a dû alléger sa masse salariale et céder Jermaine O’ Neal (Boston Celtics) et Michael Beasley (Minnesota Timberwolves), n’offre pas vraiment l’assurance de pouvoir pallier l’éventuelle absence d’un des membres du « Gee Three ». Certes, les Heat ont aussi signés des seconds couteaux comme l’habile vétéran Juwan Howard, ou l’arrière Mike Milner, mais les alternatives au trio James-Bosh-Wade semblent restreintes. Sans compter que Miami est toujours à la recherche d’un meneur de jeu, susceptible de suppléer Mario Chalmers.  Malgré tout, il sera désormais plus facile pour les fans des Heat de rêver d’un deuxième sacre.


On l’avait laissé en larmes, empreint d’émotion après sa deuxième place au championnat de France, le 29 juin. Déçu mais confiant. Christophe Le Mével assurait à l’époque « être dans une phase ascendante ». « L’enjeu est de monter en régime pendant les trois semaines car les Pyrénées sont en troisième semaine » confiait-il alors à l’Equipe. On l’a retrouvé cet après midi, aux abords de Pau dans le grupetto, accompagnant les virtuoses de la dernière ligne droite, peu habitués à tutoyer les cimes. Un comble pour celui qui a bâti sa réputation de grimpeur sur les pentes du Tour l’année passée, s’emparant de la 10ème place au final. Près de 35 minutes déboursées sur la ligne et ses espoirs de réitérer sa performance de l’an dernier envolés. Mais il n’aura pourtant pas attendu cette ultime semaine pour exploser, bien loin du duel Contador-Schleck, dont il se targuait pouvoir jouer l’arbitre.

Le prologue dans les rues de Rotterdam lui a cruellement rappelé le fossé qui le séparait des tout meilleurs. 1’04’’ de retard et une 102ème place à des années lumières des ambitions du breton. Premier échec. D’autant plus douloureux qu’il avait tout particulièrement travaillé l’exercice, installant un vélo de contre la montre chez lui et pointant le bout de son nez lors du championnat de france de la spécialité (9ème). Rebelote trois jours plus tard pour celui qui disait se « méfier de la première semaine ». Les pavés lui avalaient encore des minutes. 2’08 précisément. Les raisons de s’inquiéter étaient minces avant de voir se dessiner les courbes, abruptes et somptueuses, des Alpes. Mais les premiers pourcentages des massifs Alpins n’eurent pas seulement raison de Lance Armstrong. Le Mével flanchait vite et ne voyait que de très loin Andy Schleck remporter l’étape de Morzine-Avoriaz. De quoi redistribuer les cartes chez la FDJ. Sandy Casar avait la grosse cote et raflait la mise le lendemain. Lors de la dernière des Alpes, Le Mével concédait un quart d’heure. Et se retrouvait en 24ème position au général, à des centaines de coups de pédales de ces ambitions premières. Désireux d’imiter son collègue Casar, il changeait son fusil d’épaule. Il voulait profiter de la transition Alpes-Pyrénées. « Il faut que j’aille dans une échappée pour reprendre des places et pourquoi pas gagner une étape ». Là encore, mauvaise pioche. Pari manqué. Et une crise de confiance à l’heure où se profilaient les rudes montées Pyrénéennes. Pas la meilleure chose alors que le programme des Pyrénées, plat de résistance de cette édition, est gargantuesque. Le vainqueur du tour du Haut-Var ne tardait pas à reprendre ses (mauvaises) habitudes et se voyait décramponner dès que la route s’élevait. Un état qui a atteint son paroxysme cet après-midi dans les pentes de l’Aubisque. Est-ce une simple méforme ou Le Mével a-t’il été surévalué ? Voilà la question qui doit tarauder les dirigeants de Garmin avec lesquels le français s’est engagé pour deux saisons.


fifa.com

 

Qui aurait pu prédire pareil cataclysme ? Car l’ouragan allemand qui a déferlé cet après midi sur l’Argentine était d’une magnitude encore rarement rencontrée. Un score sans appel. 4-0.
Les argentins n’ont clairement pas été à la hauteur de l’évènement. Dépassés physiquement, à la peine collectivement, l’Albiceleste était clairement trop petite pour atteindre le sommet du monde du football qui lui semblait pourtant promis. Elle a surtout fait face à une nationalmanschafft monstrueuse de réalisme. Dans la plus pure tradition allemande. Le jeu en plus. Ce mélange de sang froid et de génie qui pourrait bien emmener les hommes de Joachim Löw encore plus haut. Car l’Allemagne est avant tout une équipe de morts de faim. Et pour canaliser ces 11 hommes prêts à mourir sur le champ de bataille, un joueur : Phillip Lahm.Le capitaine de la manschafft est en effet le symbole de cette génération bien loin des clichés du joueur allemand seulement bon à défendre mais à l’inverse, jeune, solide et pétrie de talent.Lahm, a construit une carrière à l’image de ses qualités. Rapide, brillante et faite d’abnégation.

 Pour le jeune allemand, tout commence en 1995. Alors fan de basket, Phillip Lahm intègre paradoxalement le centre de formation du Bayern Munich au sein duquel il fera toutes ses classes. Il passe par toutes les catégories de jeunes non sans taper dans l’œil de ses éducateurs de l’époque. Et son talent est récompensé puisqu’en novembre 2002 le jeune latéral droit effectue ses grands débuts sous les couleurs du club le plus titré d’outre-rhin. Malgré une première saison prometteuse, il est prêté au Vfb Stuttgart. Rapidement, il se fait une place de titulaire. Ses entraîneurs d’alors n’hésitent pas à lui faire confiance et l’alignent à 31reprises. Il profite également de cette période pour goûter à la C1 et se frotte aux exigences du haut niveau. Avec brio. Assez en tout cas pour lui ouvrir, à seulement 20 ans, les portes de la sélection. Qui ne se sont, par ailleurs jamais refermées depuis. Après une deuxième année toute aussi convaincante, le Bayern, conscient de tenir un joyau avec ce défenseur et soucieux de préparer l’après Sagnol, précipite son retour. Lahm ne se fait alors pas prier pour confirmer tout le bien qu’on pensait de lui. Et pour étoffer son palmarès. Il remporte en effet pas moins de trois titres de champion d’Allemagne (2006, 2008, 2010), autant de coupes d’Allemagne et surtout accède à la finale de la ligue des champions 2010, récompense ultime de ces années d’implication. Car il est difficile de parler de Lahm sans évoquer son implication. Son application aussi. Comme après qu’il ait appris qu’il allait récupérer le brassard de capitaine durant cette coupe du monde en l’absence de Michael Ballack, blessé. « Il suffit de lire les noms de Fritz Walker, d’Uno Seeler ou de Franz Beckenbauer pour comprendre ce que signifie d’être capitaine de l’équipe d’Allemagne. C’est un honneur incroyable. Mais aussi un immense défi. » Qu’il est pour le moment en train de relever haut la main. Homme au grand cœur (il participe à de nombreuses associations caritatives dont une venant en aide aux orphelins), il est tout autant généreux sur le terrain, alternant montées dévastatrices et replis impeccables. Il lui arrive même de se muer en buteur décisif. Preuve en est avec son but à l’ultime minute de la demi finale de l’Euro 2008 face à la Turquie, propulsant ainsi la manschafft en finale de la compétition. Lahm à valeur d’exemple dans cette équipe pour laquelle il a joué à pas moins de 68 reprises à seulement 26 ans. Mais il ne s’en contente pas et vise plus haut encore. « C’est la meilleure équipe d’Allemagne dans laquelle j’ai évolué » conclut-il.


                                         Après dix jours de compétition, sur le plan sportif pour certains extra sportif pour d’autres, l’Afrique du Sud nous livre un tournoi assez pauvre sur la pelouse mais haut en couleurs dans les tribunes. Premier bilan.

Les bons points :

                        – L’Uruguay. L’équipe sud-américaine est qualifiée pour les huitièmes de finale où elle retrouvera la Corée du sud, s’offrant par là même une bonne occasion de voir plus loin. Solide derrière, réaliste devant, la celeste est facilement sortie en tête d’un groupe duquel elle ne partait pourtant pas favori. A eux maintenant de rêver, pourquoi pas, de marcher dans les traces de leurs glorieux aînés, vainqueurs en 1930 et 1950.

                         – L’Argentine : Décidément tout sourit aux équipes sud-américaines dans cette coupe du monde. Plus encore pour l’albiceleste. Une attaque enivrante, un Veron rayonnant, un état d’esprit exemplaire. Bref, tous les ingrédients semblent être en place pour permettre aux Argentins d’accrocher une troisième étoile à leur palmarès. Emmenés par un Maradona maradonesque, attention tout de même à la crise de surconfiance.

                       – L’Arbitrage : Mention très spéciale à l’arbitrage, impeccable jusqu’ici. On cherchait un successeur à Collina, meilleur arbitre de trois coupes du monde consécutives, on en a trouvé une pelletée. Malheureusement, tout ce qui est français est mauvais durant ce mondial, et Stéphane Lannoy, unique arbitre tricolore en Afrique du sud, ne déroge pas à la règle. Mis en cause, notamment, lors de la rencontre opposant le Brésil à la Côte d’ivoire.

                     – Les stades : Nombreux étaient les sceptiques au moment de l’attribution de la coupe du monde à l’Afrique du Sud. Pourtant, le résultat a fait taire toutes les mauvaises langues. Les installations sont somptueuses et garantissent une sécurité constante.

                      – L’ambiance : C’est des tribunes que vient la plus grande satisfaction. Une ambiance chaude, bon enfant. Aucun problème n’est pour l’instant à signaler. Les travées ont conservé leur bonne humeur et ce malgré l’inutile polémique sur la présence des vuvuzelas.

Les désillusions :

                           – L’équipe de France : Il était impossible de rédiger ce papier sans s’arrêter sur le cas des Bleus. Arrivés en Afrique du Sud avec des incertitudes, dus au scandale Zahia et à une lamentable campagne de préparation, ils en sont repartis avec des certitudes. Le football français est à bout de souffle et attend urgemment l’arrivée du docteur Laurent Blanc. Rongée par des problèmes internes, l’Equipe de France est arrivée au bout du cycle post-1998. Il faut maintenant reconstruire la maison bleue sur de nouvelles fondations.

                         – Le football africain : On en attendait beaucoup, peut être trop. Pour le premier mondial organisé en terre africaine, on les voyaient trop beaux, ils se voyaient trop beaux. A commencer par le Cameroun, qui n’avait pas hésité à parler de titre. Après deux défaites, des problèmes internes et un entraîneur contesté, les Lions indomptables sont plus dociles que jamais. Et déjà de retour à la maison. La Côte d’ivoire a montré une fois de plus le fossé qui la sépare des plus grands. L’association de 11 individualités ne fait jamais une équipe, surtout face au Brésil et au Portugal. Le Nigeria aussi a été trop tendre, défait notamment par la Grèce, pour prétendre accéder aux huitièmes. Et que dire de l’Afrique du Sud, certes valeureuse sur ses terres mais partie de trop loin pour voir s’ouvrir les portes de la phase finale. L’espoir de tout un continent repose désormais sur les épaules de l’Algérie et surtout du Ghana. Les « Black Stars » étant en tête de leur groupe avant de recevoir l’Allemagne.

                       – Italie, Angleterre même combat : Les deux nations, deux points au compteur, ne sont pas au niveau auquel on les attendait. Et pourtant, rien d’étonnant à cela. Les anglais, non qualifié pour le dernier euro, sont en reconstruction et se cherchent toujours, habités par la peur de laisser s’échapper cette génération dorée. Le cas de figure se pose différemment pour l’Italie. La squadra azurra, championne du monde en titre à oublié que les joueurs arrivés à maturité en 2006, sont aujourd’hui en fin de course.

                         – Le jeu : Avec 2,06 buts par match de moyenne, cette coupe du monde est la plus pauvre de tous les temps. Et pas moyen de se retrancher derrière un jeu léché, des équipes prêtes à prendre tous les risques… La frilosité de la plupart des nations, d’abord soucieuse de ne pas encaisser, est affligeante.


Les clermontois touchent enfin au but!Les larmes de Vern Cotter à la fin de la rencontre soulignent l’incroyable exploit qui est celui des clermontois. Le coach sud-africain, d’un naturel réservé, pouvait laisser éclater son bonheur. La place de Jaude, symbole de l’auvergne toute entière, aussi. Dans une effusion de joie, les Jaunards, « poulidors » du rugby français, ont conquis leur premier brennus. En 1936, l’Asm concédait sa première défaite en finale de championnat. 74 ans et neuf autres échecs plus tard et voilà enfin les Auvergnats sur le toit de la France de l’ovalie. Magnifiques d’abnégation, de courage et de maîtrise.
Et il en fallait, à l’heure de rencontrer des perpignanais volontaires, en quête d’un deuxième titre consécutif. La rencontre débutait plein fer. Poings de fer. Les esprits s’échauffaient en effet dès les premiers coups de sifflets de Christophe Berdos. Mais les Clermontois, fusils à l’épaule et désireux de rompre la « malédiction », attaquaient pied au plancher. Récompense à la clé. Dès la douzième minute, Morgan Parra, homme d’expérience au pied magique malgré ses 21 printemps, offrait un pan de rêve à l’Asm (3-0). Avant que Nalaga, s’inspirant de Lomu, ne le transforme en étoffe quelques minutes plus tard. Parra se chargeant de transformer (10-0). En face, les sang et or n’avaient d’or que le nom. Le sang en revanche ruisselait sur les lèvres de Tuilagi, symbole de l’impuissance des catalans. Porical, grand bonhomme de la finale l’an passé, en mal de réussite parvenait tout de même à ramener les perpignanais dans la course au bouclier. C’était sans compter sur Morgan Parra qui, soucieux de conserver une longueur d’avance, permettait aux clermontois de retourner aux vestiaires avec 7 points d’avance. Mais déjà les plus pessimistes voyaient se redessiner le scénario de l’année passé. Alors Brock James, soulagé des tirs au but par Parra, prit les choses en main. Et au pied. Entre inspirations géniales et grands coups de pompe, l’australien permettait à Clermont de s’envoler vers le titre suprême. La confiance inébranlable des jaunes et bleus permettait à Parra puis Floch de rajouter six points dans la besace auvergnate. 19-6. Score sans appel. Même Jacques Brunel, le manager de Perpignan, ne contestait pas tant la victoire des Clermontois semblait accomplie et « méritée ». Méritée pour ce soir. Pour les quatre ans de travail de Vern Cotter. Pour les trois-quarts de siècle passés à courir derrière cet instant. Magique.


Aux yeux du monde de la petite balle jaune, Robin Soderling est né le 31 mai 2009. Ce jour-là, le grand suédois (1m93) étrille Raphaël Nadal, le maître incontesté des lieux, en huitièmes de finale de Roland Garros (6-2/6-7/6-4/7-6). Avant d’atteindre la finale du tournoi et d’être défait par un Roger Federer en état de grâce. Cette année encore, la terre ocre du tournoi parisien lui réussit. Facile vainqueur de Lecouderc puis de Bent, il retrouvera l’espagnol Albert Montanes au 3ème tour. Pourtant, son parcours n’a rien d’un conte de fée.

Passé pro en 2001, il n’arrive pas à faire son trou les deux premières saisons. Mais le jeune homme persévère. Et est récompensé. Si nul n’est prophète en son pays, c’est bien sur ses terres à Stockholm qu’il décroche son premier titre en 2003. Auteur d’une bonne saison, il décolle au classement et atterrit à la 60ème place. L’année suivante, c’est au tour de la france du tennis de découvrir Soderling. Un titre à Lyon puis une finale à Marseille avec, à la clé, une 34ème place mondiale. Il n’en faut pas plus pour que la presse s’enflamme. Elle voit dans ce grand échalas un futur top 10 mondial. Mais le suédois, d’un naturel timide, assume difficilement son nouveau statut. Et 2005, malgré un titre à Miami, est une saison blanche. Il revient pourtant en force, un an plus tard, et commence du même coup, à se faire une réputation sur le circuit. Peu glorieuse. Froid, hautain et limite asocial. Les adjectifs ne manquent pas pour qualifier le comportement du suédois. Il n’est guère apprécié de ses adversaires. Mais lui s’en moque. « Si certains ne m’aiment pas, je n’y peux rien. Je suis là pour jouer au tennis, non pour me faire des amis. » Il préfère se « concentrer sur (son) jeu. » Et ça paye. En 2008, sa carrière prend un tournant. Il remporte une nouvelle fois le titre à Lyon et agrémente sa saison de 3 finales. Il se retrouve au 17ème rang au classement l’ATP. Mais le natif de Tibro (suède) ne parvient pas à percer dans les tournois du Grand Chelem. Avec pour meilleur performance, un troisième tour atteint à l’US Open. Mais le problème à une solution. Il est résolu en 2009, à Roland Garros, avec une finale, comme l’avait fait son entraîneur Magnus Norman neuf ans auparavant. Ce résultat en appelle d’autres et Robin signe un huitième de finale à Wimbledon puis un quart à l’US Open. Mais il n’en a pas fini avec ses vieux travers. Fin avril, alors qu’il est malmené par Nadal à Rome, il ne peut empêcher sa mauvaise foi de remonter à la surface. Sur un point contestable, il tente de tromper l’arbitre en indiquant une marque un mètre à côté de la véritable trace. Mais une fois ces vieux démons balayés, Soderling peut sereinement penser à rééditer sa performance de l’année passée.


L’historique : En Afrique du sud cet été, la Corée du Sud participera à sa 8ème coupe du monde, meilleur total asiatique derrière le Japon et ses 13 participations. Mieux, les « guerriers Taeguk » prendront part à leur 6ème mondial de suite. Un sérieux exploit pour ce pays qui ne compte que 30000 licenciés, reléguant le football loin derrière le baseball, sport le plus prisé par les jeunes. Les sud-coréens n’ont jamais dépassé le premier tour. Mis à part en 2002. Durant « leur » mondial (co-organisé avec le Japon), les « diables rouges » réservent l’enfer à leurs adversaires. Renversant l’Italie en huitièmes puis l’Espagne en quarts, les sud-coréens, alors entraînés par Guus Hiddink, chutent finalement dans le dernier carré face à l’Allemagne. Une épopée fabuleuse pour l’équipe du pays du matin calme, seulement vainqueurs jusque là de deux Coupe d’Asie (1956-1960). Bénéfique pour tout le monde. Les stars de l’équipe profitent de ce tremplin pour s’envoler vers d’autres cieux, à l’image de Park-Ji Sung, aujourd’hui à Manchester United.

 

La campagne de qualifications : Facile vainqueur de sa poule dans la zone Asie, la Corée du Sud, a gagné son ticket pour le premier mondial organisé en terre africaine. Bien aidés par l’apport de Park-Ji Sung (5 buts) et de son homonyme monégasque, les « guerriers Taeguk » ont facilement disposés de l’Iran, l’Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis pour accompagner leurs voisins du nord en Afrique du Sud.

Le groupe : La Corée du Sud, sous la houlette de Huh-Jung Moo, déjà sélectionneur national entre 1994 et 1995 puis entre 1998 et 2000, pourra une fois de plus s’appuyer sur ses stars, le mancunien Park-ji Sung, le gardien Lee Woon-Jae, l’arrière latéral Lee Young-Pyo et Ahn Jung Hwan, le vétéran (37 ans). Mais elle comptera également sur ses valeurs montantes, l’attaquant de Monaco Park Chu-Young et Lee Keun-Ho, cité par le Times parmi les 50 joueurs qui feront le football de demain.

La préparation : La Corée du Sud ne viendra en AfSud pour faire de la figuration. Dans cette optique, les « diables rouges » ont programmé une flopée de matchs amicaux. Les deux derniers en date se sont soldés par des victoires face au Japon tout d’abord (3-1) puis face à la côte d’ivoire(2-0), deux mondialistes. D’ici au 11 juin, pas moins de 4 matchs sont au programme des Sud-Coréens. Avec des rencontres face à l’Equateur, contre le Japon et le Bélarus. Avant un ultime stage en Autriche du 23 mai au 5 juin, ponctué d’un match face à l’Espagne (3 juin).

Les chances : Dans un groupe B, dans lequel l’Argentine semble au dessus du lot, la seconde place qualificative est largement prenable. La Corée du Sud semble légèrement supérieure à ses deux autres adversaires, la Grèce et le Nigéria.

Le calendrier : 12/06 Corée du Sud – Grèce

                        17/06 Corée du Sud – Argentine

                        22/06 Nigeria – Corée du Sud


C’est presque devenu un rituel. Avant chacun de ses combats, Floyd Mayweather Junior prépare la guerre. A grand renfort de déclarations. Cette fois, avant de rencontrer Shane « Sugar » Mosley, cette nuit à Las Vegas, « Pretty Boy » n’a pas fait dans la dentelle. « Je suis meilleur qu’Ali.» Le décor était planté.

Pourtant pour Mayweather, ce combat n’est qu’une consolation. Lui voulait affronter Manny Pacquiao, le maître de la catégorie pour ce qui s’annonçait être le « combat du siècle ».Mais le philippin refusait de se plier aux règles antidopage fixées par le clan Mayweather. Le combat était annulé. Et les espoirs d’un sixième sacre mondial envolés. Ce soir, il n’est pas question de titre. Mais l’hégémonie des welters (66,678 kg) est en jeu. Et pour faire chuter le « roi » Mayweather (40 victoires en autant de combats dont 25 avant la limite) se présente un adversaire coriace en la personne de Mosley. Pour nombre de spécialistes, il sera l’un des plus difficiles adversaires que Mayweather ai jamais combattu. Lui-même en est persuadé. « Je rechercherai le K.O. Je suis dans la meilleure forme de ma vie. » Mais ses 39 ans, et son année et demi passée loin du ring, jettent le doute quant à ses chances de victoires. « Money » Mayweather non plus ne croit pas son adversaire capable de l’inquiéter. Sans prétention. « Je sais que tout le monde essaie de trouver un moyen de me battre mais je suis comme un problème mathématique sans solution. »  D’après Mosley, « la clé de la confrontation sera la vitesse et la puissance. » Justement les deux attraits qui caractérisent la boxe de Mayweather. Sa vivacité, son sens du placement et son coup d’œil font de Mayweather l’un des meilleurs boxeurs de tous les temps. En lice pour une 41ème victoire consécutive. Avec dans un coin de la tête, le record de Rocky Marciano, victorieux à 49 reprises entre 1947 et 1955. Mais pour l’heure, le quintuple champion du monde en autant de catégories différentes (le record est détenu par Pacquiao avec 7 titres dans des catégories différentes) a l’esprit tourné vers son combat. Avec, une fois de plus, une certaine estime de lui. « Le premier mai (aujourd’hui), je serai Floyd Mayweather Junior, déclare t’il, et je ferai ce que sais faire le mieux, c’est-à-dire être intelligent, être fort et boxer durement. » Mosley est prévenu. Mais, déjà tombeur de De la Hoya et Cotto, « Sugar » est loin d’être impressionné. Comme en témoigne la conférence de presse commune, où les deux hommes ont failli en venir aux mains. Désormais, rendez-vous sur le ring. Et comme le promet Mosley, la qualité des deux hommes offrira, sans doute, « l’un des plus beau combat de la décennie. »